L'entreprise continue

"Il faut que tout change pour que rien ne change". Depuis le 16 mars, toute l’équipe d’Eranos en France et en Corée, comme une partie grandissante du monde, travaille différemment : elle est confinée.

Si vous regardez au fond de vous-même, vous trouverez ce souvenir de la fin du XXe siècle. Dans les conversations, mais aussi dans les films et dans les fictions, nous formulions d’étranges jubilations autour de ce scénario : le fantasme discret d’un grand renversement, d’un bug de l’an 2000, d’un effacement de l’économie mondiale et d’apocalypses millénaristes qui, en remettant le siècle à zéro, nous soustrairaient magiquement aux conséquences de nos actes. On reprendrait depuis le début.

Mais les grands changements espérés ne sont pas arrivés d’un coup en 2000. Ils se sont insinués graduellement dans nos sociétés, dans nos entreprises, dans nos institutions. Nos vies ont progressivement changé radicalement. Ceci est la manière dont commence le XXIe siècle : pas dans un Bang, mais dans un murmure.

En l’espace de quelques mois, partout dans le monde, cette hypothèse est devenue très réelle, affectant les institutions, et tant de trajectoires de destin.

Nous sommes des nomades, des voyageurs. Rester face aux murs n’est pas dans notre culture. Mais c’est justement parce que nous avons l’habitude de la distance, que nous avons tous les outils pour que l’isolement nécessaire de cette traversée ne nous empêche pas de faire ce que nous faisons. L’entreprise ne s’arrête pas à ses murs. Elle se continue dans ses services, dans ses équipes, dans son action.

Alors que faisons-nous ? Depuis 15 ans, nous accompagnons les entreprises à comprendre et à prendre part au monde. Plus que jamais, notre fonction sociale peut être d’utilité publique. L’équipe est partie se protéger et prendre soin des siens, nous nous sommes préparés au report de nos missions. Mais nos partenaires ont honoré nos rendez-vous, nos fournisseurs ont honoré nos rendus. La majeure partie de nos activités se poursuivent, sous d’autres modalités mais avec ténacité. Tout change. Rien ne change.

Tout le monde veut que ça continue. Continuons de penser, de réfléchir, d’analyser. La société, ses moeurs, ses mythes, son histoire, sa mémoire collective, tout cela ne s’arrête pas. Tout cela continue de nous relier. Voilà donc ce que nous faisons. Nous nous fixons cette responsabilité : oeuvrer maintenant à ce que, quand nous sortirons de cette histoire en liesse et poussés par une grande impatience d’être ensemble, les bonnes briques soient prêtes pour que reprenne la vie.

Anthony, Camille, Christophe, Emma, Fadéla, Gautier, IG, Julia, Maïmouna, Michaël, Morgane, Salomé, Stéphane & Sergio.

The work you do matters as much as the conditions you work in
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Transport is not a function of the city, it's an experience
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You can not accumulate love, it must be spent
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Time
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