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Quand avons-nous oublié que l’activité économique devait être solidaire du développement de la société ?

Lors des Etats Généraux des Entreprises et des Entrepreneurs Citoyens organisés par Thinkers & Doers, Michaël Dandrieux et Mathieu Baudin mettent en perspective les nouveaux rapports de l'entreprise et des Hommes.

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Qu'est-ce qu'une entreprise citoyenne ?

Il y a bientôt un an, Thinkers & Doers organisait, à Essaouira, la première édition des Etats Généraux des Entreprises et des Entrepreneurs Citoyens.

A Essaouira, précisément parce qu’elle est une ville exemple de deux pratiques que les entreprises viennent aujourd’hui chercher : la mixité et l’accueil. Ce que rappela André Azoulay : à Essaouira, une fois par an, juifs et musulmans se réunissent pour danser ensemble. Pour être frères. Sortez dans la rue et demandez « qu’est-ce que cela veut dire, pour vous, d’accueillir les autres » ? Essaouira vous en donnera l’exemple.

S’il faut penser de manière pressante le sujet des entreprises et des entrepreneurs citoyens, c’est parce que, étrangement, l’activité économique conventionnelle se déroule sans se préoccuper de l’activité humaine qui la supporte.

❝ L’activité économique conventionnelle semble se dérouler sans se préoccuper de l’activité humaine qui la supporte.❞  

Quand avons-nous oublié que l’activité économique devait être solidaire du développement de la société ? Quelle est l’idée dominante qui a permis et permet encore aujourd’hui qu’une aventure entrepreneuriale puisse ne s’intéresser qu’à la marge à son impact sur la cité, sur ses habitants et sur la vie ? Comment s’est installée la possibilité qu’assécher un territoire, exploiter notre prochain, abêtir nos audiences, engraisser nos clients, et rendre qui que ce soit captif et dépendants puisse être, de quelque manière que ce soit, une bonne idée ?

Parce que nous avons, collectivement, construit les conditions d’émergence de ces entreprises prédatrices et roboratives, nous devons aussi, ensemble, interpréter les causes de cette culture, et proposer des moyens de la modifier.

C’est ce qu’ont fait, pendant 3 jours, les participants aux Etats Généraux (au nombre desquels figuraient Alice Barbe de Singa, Paul Duan, Make Sense, Malek Boukerchi...), pour rédiger la Déclaration d’Essaouira, un agenda commun d’actions pour ramener, dans les logiques de l'entrepreneuriat, les questions du sens et de la citoyenneté.

Parmi les recommendations et les engagements figurent par exemple la création de Hubs civiques, pour changer la culture en format les nouveaux entrepreneurs aux nouveaux enjeux du monde.

❝ Nous ne pouvons pas faire l’économie d’une compréhension profonde des causes qui nous ont menées là où nous sommes❞  

Michaël V. Dandrieux d’Eranos et Mathieu Baudin de l’Institut des Futurs Souhaitables contribuèrent en remettant la transformation de l'entrepreneuriat dans un cadre social et historique : si nous voulons produire des pistes éclairées pour les actions à suivre, nous ne pouvons pas faire l’économie d’une compréhension profonde des causes qui nous ont menées là où nous sommes.

La seconde édition des États Généraux aura lieu le 27 juin, autour de 3 sujets (l’égalité, le climat, et la paix sociale) réunis sous le thème de la prospérité.


Michaël V. Dandrieux

Michaël V. Dandrieux, PhD. est sociologue, il appartient à la tradition de la sociologie de l’imaginaire. Il est co-fondateur d'Eranos, où il a en charge le développement stratégique des activités internationales. Il est également enseignant à Sciences Po et directeur éditorial des Cahiers européens de l’imaginaire (CNRS Editions). Son travail porte sur les rationalités apparemment irrationnelles.

Analyse, regards lents sur la société. Nos clients et notre entreprise sont nos terrains.